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Déclaration liminaire du Comité Régional FCPE Midi-Pyrénées au CAEN du mercredi 4 octobre 2017

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 Déclaration liminaire au CAEN du mercredi 4 octobre 2017

Comité Régional FCPE Midi-Pyrénées

 

Pour une réelle Egalité des territoires

Après plus d’une année d’interruption, un Conseil académique de l'Education nationale s’ouvre enfin, nous représentants FCPE nous vous en remercions Mme la Rectrice et espérons vivement qu’une nouvelle phase de concertation et d’échange s’engage avec des étapes plus régulières.

 

Pour la rentrée scolaire 2017, la Région Occitanie a choisi de « prêter » les manuels scolaires nécessaires à la formation des lycéens par l’intermédiaire de la Carte Jeune Région.

 

La FCPE se félicite de cette mesure qui s’inscrit dans la recherche de la gratuité de l’école, fondement constitutionnel de notre République.

D’ailleurs, pour tendre vers cette gratuité, la FCPE avait mis en place des coopératives puis des bourses de livres. Au cours des deux dernières décennies, des parents d’élèves bénévoles ont développé une économie sociale et solidaire pour accompagner les familles des lycéens. En effet, notre combat pour la gratuité de l’école est toujours accompagné par une action militante, par une force associative efficace et active...

 

La gratuité du Premier Equipement Professionnel, destinée à aider les lycéens et les apprentis par l’achat d’outillages et de vêtements nécessaires au suivi de leur formation est aussi une mesure de la politique éducative régionale à mettre en valeur.

Il est important de veiller à l’égalité des lycéens, du général, du technologique, du professionnel ou de la formation par apprentissage, la FCPE y veillera. Elle s’engage à faire remonter, auprès des services de la Région, les écarts qui pourraient exister entre lycéens de différentes filières. Et nous tirons la sonnette d’alarme quant aux délais de livraison de cet équipement aux élèves, certaines filières et établissements n’ont pas reçu le matériel permettant de suivre les ateliers de la formation alors que nous sommes à un mois de la rentrée...

 

Par ailleurs, la Région Occitanie se soucie de la réduction de la fracture numérique et cherche à équiper les lycéens de seconde et les élèves en 1ère année de CAP d’un ordinateur individuel par l’acquisition des familles sous condition de ressources. La FCPE Midi-Pyrénées est favorable à une telle politique sociale.

 

En parallèle, les lycéens étudiant dans des établissements qui ont été retenus dans le cadre d’un appel à candidature « Lycées numériques » recevront gratuitement un ordinateur portable. Pour la FCPE, l’utilisation de ces équipements doit être à des fins pédagogiques. Donc, deux points de vigilance s’imposent : le premier est l’élaboration effective d’un projet avec une volonté de faire de la pédagogie autrement, car il ne s’agit pas seulement de remplacer le papier par la tablette numérique. Le deuxième point de vigilance est la formation des professionnels, soit une formation ciblée sur « l’apprendre autrement » qui devrait être mise en place pour accompagner les équipes d’enseignants. Madame la rectrice nous aimerions que vous y soyez vigilante et proposante.

 

Suite à la rentrée et aux derniers CDEN « Rythmes scolaires », voici quelques éléments sensibles dans le panorama scolaire (1er et 2nd Degrés), en lien principalement avec un sentiment de rupture d’égalité sur le territoire :

1. Le 1er Degré : des rythmes scolaires à la carte

 

En proposant, dans la précipitation et de façon unilatérale, un principe de dérogations aux communes pour l’organisation de la semaine scolaire, le Ministère de l’Éducation et ses services déconcentrés ont largement ouvert la « boîte de Pandore », dont les effets néfastes pour les enfants vont se concrétiser très certainement à partir de la rentrée 2018.

L’Académie de Toulouse a su résister à l’effet d’annonce ministérielle avec seulement 15,8 % de communes revenant à la semaine à 4 jours. Mais soyons réalistes, ce panorama n’est en fait qu’un trompe l’œil au regard d’une part de la grande disparité entre les départements, de 0 à 56,9 %, d’autre part du nombre global de demandes faites par les communes dans chaque département, par exemple dans le Lot, demande d’une soixantaine de communes pour 5 finalement acceptées.

Il est évident que ce phénomène devrait s’amplifier et nous représentants FCPE nous ne pouvons l’accepter.

 

Nous souhaitons donc être force de proposition et pour cela nous nous engageons à :

  • d’une part, établir toute cette année scolaire une discussion constructive avec les collectivités et leur association départementale pour que les choix de l’organisation du temps scolaire et périscolaire se fassent en prenant en compte les intérêts et besoins des enfants et leurs conditions d’apprentissage au côté des nécessités d’optimisation des ressources humaines et financières rencontrées de plus en plus par les collectivités territoriales ;
  • d’autre part, nous vous demandons, Madame la rectrice, la réalisation de véritables évaluations sur les conséquences des rythmes dans les apprentissages et sur les politiques éducatives locales.

Les consignes rectorales doivent être strictes sur ce sujet car l’action de l’institution doit inscrire, en matière d’apprentissage, l’intérêt de l’enfant au centre des débats.

 

2. Le 2nd Degré : un déficit d’enseignants

 

Depuis plusieurs années, la rentrée dans le 2nd Degré, collège et lycée, est marquée de façon récurrente par de nombreuses absences d’enseignants du fait soit, dans le meilleur des cas, d’un problème d’affectation, soit en général d’un manque de moyens humains dans certaines matières (tout particulièrement les matières scientifiques : mathématiques, sciences physiques, chimie, technologie, ...).

 

Nous pourrions appuyer cette démonstration par une énumération qui reprendrait la grande majorité des établissements de l’Académie, avec des exemples pouvant cumuler les absences et plaçant ainsi les élèves dans des situations critiques avec des retards généralement non rattrapés, mais cela serait trop long et non constructif.

 

Pour la FCPE, cette situation devient réellement intolérable et inacceptable pour la bonne scolarité des élèves.

 

Même si nous constatons les efforts réalisés par les directions des établissements pour rechercher des contractuels afin de pallier à ces déficits, il semble que le recrutement de ces contractuels (qui pour nous, ne peut être qu’une solution temporaire, malheureusement se répétant d’année en année) rencontre quelques blocages de vos services (IA IPR). Nous vous demandons d’essayer de faire preuve d’un peu plus de pragmatisme dans ce processus en facilitant pour ces contractuels un tutorat local dans chaque établissement concerné.

 

Il serait peut-être aussi intéressant pour les zones « transfrontalières » d’essayer de construire des échanges inter académiques quand les solutions existent.

 

Sachez Mme la Rectrice qu’un profond sentiment d’abandon et d’exaspération se développe vis-à-vis des instances de l’Education nationale, associé à une impression d’inégalité de traitements des territoires ruraux.

 

3. Intégration des enfants allophones

 

La FCPE Occitanie a organisé, en juin dernier, un colloque sur l'accueil et la scolarisation des enfants migrants. Cela nous a permis de mettre l'accent sur l'importance d'une politique efficace d'intégration dans nos territoires pour un bon accompagnement de tous les enfants.

Une telle politique volontariste passe par l'intégration des enfants dans les établissements à l'aide de structures adaptées. Or nous ne pouvons que constater l'insuffisance des moyens alloués pour mettre en place ces structures, du coup les enfants sont souvent scolarisés sans accompagnement dans nos écoles au grand désarroi des enseignants.

 

Aujourd'hui, un excellent travail est fait dans les structures UPE2A par des enseignants motivés et dont les méthodes pédagogiques sont à citer en exemple. Cependant, ces classes sont implantées au compte-goutte dans nos écoles. Une évaluation précise des besoins existants doit être faite afin de développer sur tout le territoire régional les dispositifs UPE2A.

 

4. Les transports scolaires

 

La FCPE et les parents d'élèves demandent à la Région d'être associés à la réflexion sur l'organisation du transport scolaire dans le cadre du transfert de compétences à la collectivité régionale.

La densité du réseau de bus scolaires, des horaires adaptés, la sécurité ainsi qu'un accès au moindre coût pour les familles, pour que le prix ne soit pas une barrière pour utiliser ce service public, sont des éléments essentiels dans la journée scolaire des élèves.

 

Conclusion

Mme la Rectrice depuis maintenant 4 mois il ne se passe pas un jour sans qu’une nouvelle déclaration ministérielle apporte un vent de « réformettes » et instaure de la confusion dans l’esprit des parents. Il est temps de rétablir plus de sérénité, quand l’on veut construire l’Ecole de la Confiance, il faut au moins respecter le dialogue et prendre en compte l’intérêt de l’enfant.